Svetla Velikova
Portfolio

Photographies : Gérard Ozanne.

Exposition Orenda - Battements existentiels

La Bulgarie préchrétienne vénérait une force mystique qui habitait les choses et les êtres vivants : l’Orenda. Il était le principe moteur de l’Univers, l’idée même du mouvement cyclique et perpétuel. Non seulement circulait-il dans le sang humain, mais il animait aussi la surface de l'eau et les ailes de l'oiseau.

Svetla Velikova, en puisant dans les traditions de son pays d'origine, vous propose différentes interprétations de l’Orenda qui constitue la trame poétique de l'exposition. Visible par ses effets, mais invisible en soi, cette impulsion rythmique ne pourrait être traduite par le pinceau naturaliste de l'artiste. C'est pourquoi Svetla Velikova a cherché à distiller l’Orenda de ses manifestations sensibles par un processus d'abstraction progressif.

Par exemple, en partant de marines où se détachent des silhouettes d'oiseaux filiformes dans le lointain, l’artiste en vient à dissoudre les éléments reconnaissables pour ne laisser que l'essence même du mouvement, dégagé de la figuration qui le représentait en négatif. En peignant le cœur humain, siège de l’Orenda, elle le déconstruit par des peintures-collages où se multiplient les déclinaisons de rouge, mais aussi les textures épaisses et les matériaux lourds qui incarnent plastiquement le mouvement cardiaque. Pour représenter l’Orenda, en somme, Svetla Velikova le distille de la figuration du battement du cœur, du battement d'aile de l’aigle des steppes et du battement des vagues sur les rivages de la mer Noire.

Cependant, ce travail d'abstraction presque alchimique ne se limite pas à la simple recherche formelle. Le regard porté sur les choses par Svetla Velikova demeure semblable à celui de peintre d'icônes pour qui ce qui est peint est toujours le signe d’une réalité supérieure.

Mickaël Bouffard
Historien de l’art et commissaire